Growth mindset : ce que montre vraiment la recherche

Le growth mindset, ou état d’esprit de développement, est la conviction que l’intelligence et les compétences peuvent se développer par l’effort, de bonnes stratégies et l’aide des autres ; le fixed mindset est la conviction qu’elles sont figées. L’idée vient de Carol Dweck. Elle décrit un phénomène réel — notre réaction à l’échec —, mais la recherche montre un effet faible sur les notes, et aucune preuve que la croyance rende plus intelligent.

Growth mindset ou fixed mindset : d’où viennent les termes

En psychologie, on parle de théories implicites de l’intelligence. On les mesure avec des affirmations comme « j’ai une certaine quantité d’intelligence et je ne peux pas vraiment la changer » : ne pas être d’accord correspond à un growth mindset. Dans les expériences de Claudia Mueller et Dweck (1998), les enfants de CM2 félicités pour leur intelligence montraient, après un échec, moins de persévérance, moins de plaisir et de moins bons résultats que ceux félicités pour leurs efforts.

La France en dessous de la moyenne de l’OCDE

L’enquête PISA 2018 demandait aux élèves de 15 ans s’ils pensaient que leur intelligence est quelque chose qu’on ne peut pas beaucoup changer. Selon la note pays de l’OCDE, 53 % des élèves français n’étaient pas d’accord, contre 62 % en moyenne dans l’OCDE. Les filles et les élèves favorisés étaient plus nombreux que les garçons et les élèves défavorisés à avoir cet état d’esprit. L’OCDE l’associe à une plus forte motivation, sans que ce lien prouve une cause.

Ce que montrent les méta-analyses

  • 2018 : 273 études (365 915 élèves) et 43 interventions (57 155 élèves) : des effets faibles, avec un bénéfice possible pour les élèves défavorisés ou en échec.
  • 2019 : une expérience nationale aux États-Unis (Yeager et coll.) : une séance en ligne de moins d’une heure a amélioré les notes des élèves les plus faibles, surtout là où les normes entre élèves soutenaient le message.
  • 2023 : Macnamara et Burgoyne (63 études) : d = 0,05, non significatif après correction du biais de publication ; d = 0,02 dans les six meilleures études. Burnette et coll. trouvent d = 0,14 pour les résultats scolaires quand le programme cible bien les élèves et est bien appliqué.

Growth mindset et QI

Chez 5 653 candidats tchèques à l’université, le lien entre état d’esprit et score au test était quasi nul (r = −0,03). Cela ne rend pas l’intelligence immuable : les différences sont en partie héréditaires (l’intelligence est-elle génétique ?) et chaque année d’école en plus apporterait 1 à 5 points de QI. À lire aussi : la neuroplasticité, augmenter son QI et l’effet Dunning-Kruger.

Portée et limites

Ce texte est informatif et ne remplace pas un avis psychologique, pédagogique ou médical. Notre test de QI mesure le raisonnement, pas l’état d’esprit.

IQ Revealed n’est affilié ni à Carol Dweck, ni à l’université Stanford, ni à l’OCDE ou au programme PISA, ni aux éditeurs de Mindset, ni aux universités, revues ou chercheurs cités sur cette page. Sources : Mueller et Dweck (1998), Sisk et coll. (2018), Yeager et coll. (2019), Bahník et Vranka (2017), Macnamara et Burgoyne (2023), Burnette et coll. (2023), Ritchie et Tucker-Drob (2018), OCDE, PISA 2018, note pays France.

Questions fréquentes sur le growth mindset

Qu’est-ce que le growth mindset ?

Le growth mindset, ou état d’esprit de développement, est la conviction que l’intelligence et les compétences peuvent se développer par l’effort, de bonnes stratégies et l’aide des autres. Son contraire, le fixed mindset, est la conviction que l’intelligence est en grande partie figée. Les termes viennent de la psychologue Carol Dweck, de l’université Stanford.

Le growth mindset est-il efficace ?

L’effet existe mais il est faible. Deux méta-analyses de 2018 portant sur plus de 365 000 élèves ont trouvé des effets faibles dans l’ensemble. Une revue de 2023 ne trouve aucun effet significatif dans les études de meilleure qualité ; une autre trouve de petits bénéfices pour des groupes ciblés, comme les élèves en difficulté.

Le growth mindset rend-il plus intelligent ?

Rien ne le montre. Chez 5 653 candidats à l’université en Tchéquie, l’état d’esprit n’avait pratiquement aucun lien avec le score à un test d’aptitude (r = −0,03). Ce qui augmente le QI mesuré, c’est l’apprentissage prolongé : chaque année d’école supplémentaire apporterait environ 1 à 5 points.

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