Flexibilité cognitive : définition, mesure, QI et entraînement
La flexibilité cognitive est la capacité à passer d’une règle, d’une tâche ou d’un point de vue à un autre quand la situation change — à lâcher une stratégie qui ne fonctionne plus pour en essayer une autre. C’est l’une des trois fonctions exécutives de base, et elle est beaucoup moins liée au QI qu’on ne le croit.
Trois fonctions exécutives, pas quatre
On lit souvent qu’il y a « quatre fonctions exécutives ». Le modèle de référence, celui d’Akira Miyake et de ses collègues (2000), en compte trois : passer d’une règle à l’autre (la flexibilité), mettre à jour la mémoire de travail et inhiber les réponses automatiques. Chez 137 étudiants, elles étaient modérément corrélées mais nettement distinctes. Les listes plus longues ajoutent des capacités comme la planification, qui se construisent à partir de ces trois-là. Selon Adele Diamond, la flexibilité s’appuie sur les deux autres et se développe plus tard dans l’enfance.
Ce que recouvre la notion
Dans sa synthèse de l’Annual Review of Psychology, Diamond y inclut le fait de penser de façon créative « hors du cadre », de voir les choses sous différents angles et de s’adapter vite à des circonstances nouvelles. En laboratoire, on mesure le changement de règle (set shifting) et l’alternance de tâches (task switching). Le contraire est la rigidité cognitive, ou persévération : continuer d’appliquer une règle qui ne convient plus. Chercher volontairement des solutions nouvelles relève de la pensée latérale.
Comment on la mesure
Le test de classement de cartes du Wisconsin (WCST), publié par Esta Berg en 1948 comme « une technique simple et objective » pour mesurer la flexibilité de la pensée. On classe des cartes selon la couleur, la forme ou le nombre ; l’examinateur dit seulement « juste » ou « faux », et la règle change sans prévenir. Dans l’étude de Miyake, la performance à ce test était surtout liée au facteur de flexibilité. L’alternance de tâches : juste après un changement, on répond nettement plus lentement et on se trompe généralement davantage. Ce coût de l’alternance diminue avec un temps de préparation, sans disparaître (Monsell, 2003).
Flexibilité cognitive et QI
En 2006, Naomi Friedman, Miyake et leurs collègues ont fait passer à de jeunes adultes les trois mesures, des tests d’intelligence fluide et cristallisée et l’échelle de Wechsler. La mise à jour de la mémoire de travail était fortement corrélée à toutes les mesures d’intelligence ; l’inhibition et la flexibilité non. Une fois le recouvrement contrôlé, le lien entre flexibilité et intelligence restait faible et non significatif. Un QI élevé renseigne donc beaucoup sur le traitement de l’information et peu sur la facilité à changer de cap. Voir aussi intelligence fluide et cristallisée.
L’entraîner : ce que disent les études
- On progresse dans ce qu’on entraîne : une méta-analyse du Psychological Bulletin (2019) trouve chez l’enfant un effet net sur la compétence entraînée (g = 0,44 ; 43 comparaisons).
- Pas de transfert : sur les fonctions exécutives non entraînées, l’effet est faible et non significatif (g = 0,11 ; 17 comparaisons) — le même schéma que pour le dual n-back.
- Bilinguisme : trois études portant sur 15 mesures, dont une tâche d’alternance couleur-forme, ne trouvent pas d’avantage cohérent des bilingues (Paap et Greenberg, 2013).
- Santé : selon Diamond, le stress, le manque de sommeil, la solitude et le manque d’exercice altèrent les fonctions exécutives.
À propos de cette page
Cette page explique une notion de psychologie en termes généraux ; ce n’est pas un outil de diagnostic. Les synthèses décrivent des difficultés de flexibilité dans plusieurs troubles du neurodéveloppement, dont l’autisme et le TDAH : ce sont des résultats de groupe, pas des indices sur une personne. Les questions sur vous-même ou un enfant relèvent d’un professionnel. Notre test ne mesure pas les fonctions exécutives.
IQ Revealed n’est ni affilié, ni approuvé, ni lié aux chercheurs, universités et éditeurs cités, ni aux éditeurs du WCST, des échelles de Wechsler et des matrices de Raven. Les noms servent uniquement à identifier les travaux décrits.
Questions fréquentes sur la flexibilité cognitive
Qu'est-ce que la flexibilité cognitive ?
C'est la capacité à changer de manière de penser quand la situation l'exige : passer d'une règle ou d'une tâche à une autre, abandonner une stratégie qui ne marche pas et envisager un problème sous un autre angle. C'est l'une des trois fonctions exécutives de base, avec la mémoire de travail et l'inhibition.
Quelles sont les fonctions exécutives ?
Le modèle de recherche le plus cité en distingue trois : l'inhibition, la mise à jour de la mémoire de travail et la flexibilité. Les listes à quatre ou plus ajoutent la planification et d'autres capacités d'ordre supérieur, qui s'appuient sur ces trois-là.
La flexibilité cognitive est-elle liée au QI ?
Moins qu'on ne le pense. Dans une étude de 2006, la mise à jour de la mémoire de travail était fortement liée à l'intelligence, mais pas le passage d'une règle à l'autre ; une fois le recouvrement entre fonctions contrôlé, le lien était faible et non significatif.
Peut-on entraîner la flexibilité cognitive ?
On progresse dans la tâche entraînée, mais le gain se transfère peu. Une méta-analyse de 2019 chez l'enfant a trouvé un effet net sur la compétence entraînée et aucun effet convaincant sur les fonctions exécutives non entraînées.
Ce que mesure notre test
Notre test de QI s'adresse aux adultes de 18 ans et plus et mesure le raisonnement ; il ne mesure pas la flexibilité cognitive. Passer le test est gratuit ; le rapport complet avec score et centile fait partie de l'abonnement.
Commencer le test de QI