Mémoire sémantique et mémoire épisodique : différences et exemples
La mémoire sémantique conserve nos connaissances générales — faits, concepts, sens des mots — sans le souvenir de leur apprentissage ; la mémoire épisodique conserve les événements vécus, avec leur date et leur lieu. Savoir qu’un anniversaire revient chaque année est sémantique ; se rappeler le dîner de son dernier anniversaire est épisodique. Les deux font partie de la mémoire déclarative à long terme, et la distinction a été proposée par le psychologue Endel Tulving en 1972.
Mémoire sémantique et mémoire épisodique : les différences
- Contenu : faits, concepts et significations pour la sémantique ; événements personnels (quoi, où, quand) pour l’épisodique.
- Vécu du souvenir : « je sais » pour la sémantique, « je me souviens » pour l’épisodique.
- Exemples : savoir que l’eau bout à 100 °C au niveau de la mer ou ce que veut dire « réticent » (sémantique) ; se rappeler où l’on s’est garé ce matin ou son premier jour dans un nouveau poste (épisodique). Savoir que l’on est allé à Rome en 2019 est sémantique ; revoir la pluie devant le Colisée est épisodique.
Leur place parmi les autres formes de mémoire est présentée sur notre page consacrée à la mémoire à long terme.
Se souvenir ou savoir : l’idée de Tulving
En 1985, Tulving a associé la mémoire épisodique à une conscience « autonoétique », le sentiment de revenir dans le temps vers une expérience, et la mémoire sémantique à une conscience « noétique », celle de simplement savoir. Il en a tiré une procédure toujours utilisée : après avoir reconnu un élément, la personne indique si elle s’en « souvient » ou si elle « sait » seulement qu’il était présent.
Un modèle français : MNESIS
À Caen, l’équipe de Francis Eustache (Inserm, Université de Caen Normandie) a proposé le modèle MNESIS, inspiré de Tulving, qui organise les systèmes de mémoire et leurs échanges. Dans un article de 2016, Eustache, Audrey Viard et Béatrice Desgranges défendent qu’il reste utile de distinguer des systèmes de mémoire, à condition de les lire à la lumière de l’imagerie cérébrale, et insistent sur les interactions entre mémoire épisodique et sémantique dans l’identité de soi, au cours du vieillissement comme dans les maladies du cerveau, et dans la capacité à se projeter dans l’avenir.
Quand l’une disparaît et l’autre reste
- K.C. : après un accident de moto avec des lésions des deux hippocampes, il gardait beaucoup de connaissances sur le monde et sur lui-même, mais aucun souvenir d’événement vécu.
- Amnésie développementale : en 1997, trois jeunes atteints d’une lésion de l’hippocampe à la naissance, avant 4 ans et à 9 ans ont suivi une scolarité ordinaire et atteint un niveau de langage et de connaissances moyen à moyen-faible, malgré une amnésie marquée du quotidien.
- Démence sémantique : le schéma inverse — les connaissances sur les mots et les objets se défont, la mémoire autobiographique reste relativement préservée.
Et le QI ?
Le vocabulaire et la culture générale, c’est-à-dire l’intelligence cristallisée, mesurent ce que contient la mémoire sémantique. La mémoire épisodique n’est pas notée dans un test de QI, et garder une information quelques secondes pendant un raisonnement relève d’un autre système, la mémoire de travail.
À propos de cette page
Cette page résume des travaux publiés à titre d’information générale et ne constitue pas un avis médical : des troubles de mémoire nouveaux, qui s’aggravent ou qui inquiètent justifient une consultation, et aucun test en ligne ne peut les évaluer. Le test IQ Revealed est un test de raisonnement en ligne de 40 items originaux pour les adultes de 18 ans et plus ; ce n’est pas un bilan clinique et il ne mesure pas la mémoire. IQ Revealed n’a aucun lien avec les chercheurs, universités, organismes ou revues cités ; les noms servent uniquement à identifier les travaux décrits.
Questions fréquentes sur la mémoire sémantique et épisodique
Quelle est la différence entre mémoire sémantique et mémoire épisodique ?
La mémoire épisodique conserve les événements que vous avez vécus, situés dans le temps et l’espace : votre dernier anniversaire, le petit-déjeuner de ce matin. La mémoire sémantique conserve les connaissances générales — faits, concepts, sens des mots — sans souvenir du moment où vous les avez apprises : que Paris est la capitale de la France, ce qu’est un chien. Les deux relèvent de la mémoire déclarative à long terme.
Qu’est-ce que la mémoire sémantique ?
C’est la mémoire des connaissances sur le monde : faits, concepts, vocabulaire. On sait ces choses sans se rappeler l’occasion où on les a apprises, et une grande partie est partagée avec les autres.
Qu’est-ce que la mémoire épisodique ?
C’est la mémoire des épisodes vécus : quoi, où et quand. Endel Tulving, qui a proposé la notion en 1972, l’a ensuite décrite comme un voyage mental dans le temps, où se souvenir s’accompagne de l’impression de revivre le moment.
Peut-on perdre l’une et garder l’autre ?
En grande partie, oui. Le patient K.C. avait conservé beaucoup de connaissances générales mais ne pouvait se rappeler aucun événement vécu. Dans la démence sémantique, c’est l’inverse : le sens des mots s’efface alors que la mémoire du quotidien est relativement préservée.
Quel type de mémoire est lié au QI ?
Surtout la mémoire sémantique. Les épreuves de vocabulaire et de culture générale des tests de QI, qui forment l’intelligence cristallisée, puisent dans la mémoire sémantique. La mémoire épisodique n’est pas notée dans un test de QI.
Et vous, où vous situez-vous ?
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